“Ce projet sera ouvert à tout le monde, des équipes de e-sports aux académies sportives”, explique la voix off avant de conclure : “Les mondes réels et numériques seront unis dans un seul et même système.” En guise d’invitation, les investisseurs intéressés pour participer au financement de l’initiative pourront le faire à partir du 15 juillet dans le cadre d’une ICO (Initial coin offering). On vous conseille bien évidement de vous tenir à distance de ce projet, même si Ronaldinho assure sur Twitter qu’il est révolutionnaire. Il collectionne une série de signaux que tout potentiel investisseur doit apprendre à reconnaître pour éviter de se faire avoir.

3 POINTS QUI FÂCHENT

Le premier est l’absence d’un white paper sur le site du Ronaldinho Soccer Coin. Ce document vulgarisé est pourtant la pierre angulaire d’un projet blockchain. Il est censé présenter ses caractéristiques techniques et doit permettre à toutes les personnes potentiellement intéressées par un investissement de s’en servir pour poser des questions aux développeurs. Dans le cas présent, celui-ci n’est même pas en ligne à trois jours de l’ouverture de l’ICO.

Vient ensuite la composition de son équipe dirigeante. Le patron est un certain Ward Saito, un américano-nippon présent dans “le secteur de l’immobilier au Japon et aux États-Unis”.

Or, celui-ci ne correspond à aucune occurrence lorsque l’on tape son nom dans un moteur de recherche. Pire : on trouve bien un Ward Saito au Canada, mais celui-ci est à la tête d’une petite affaire de magasin de bricolage et doit avoir 20 ans de moins que la personne mise en avant sur le site de l’ICO. Ce qui frappe également, c’est que seulement 3 personnes sur les 11 de l’équipe dirigeante ont un profil LinkedIn. C’est pourtant un standard fondamental pour s’assurer de son sérieux.

Un dernier point doit vous mettre la puce à l’oreille : sur le site du Ronaldinho Soccer Coin, c’est surtout la personnalité du footballeur qui est mise en valeur. Le projet passe très largement au second plan. On imagine très bien que les fondateurs ont cassé leur tirelire pour s’offrir l’image de l’ancien joueur. Ils désirent certainement en profiter pleinement, mais cela met en doute la nature de leur objectif.

Avant Ronaldinho, de nombreuses stars ont assuré la promotion de projets plus ou moins solides. C’est la cas du footballeur Luis Suarez, de l’acteur Jamie Foxx ou encore du boxeur Floyd Mayweather. Preuve que ces figures populaires ne sont pas gage de sécurité, les fondateurs de la start-up Centra sont accusés de fraude depuis avril par le gendarme américain de la Bourse. Ils avaient pourtant réussi à lever 32 millions de dollars en utilisant l’image de Floyd Mayweather…

Source : www.capital.fr