« Les financements sont disponibles »

Dr. Taïga,   Ministre de l’Elevage, des Pêches et des industries Animales.

L’élevage constitue une niche d’emplois, mais on constate qu’il est boudé par les jeunes. Quelles sont les mesures mises en place pour les intéresser davantage au secteur   ?

Le Cameroun, comme vous le savez, est une terre d’élevage dont l’exploitation joue un rôle primordial dans la sécurité alimentaire et son développement. Il vous souvient que le président de la République, Paul Biya dans son discours d’ouverture du Comice agro-pastoral le 17 janvier 2011 à Ebolowa relevait que « le Cameroun compte avant tout sur le secteur primaire, notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’artisanat, pour devenir, à l’horizon 2035, un pays émergent ».   Les mesures pour intéresser les jeunes à l’élevage se déclinent sous des formes variées notamment, la formation et l’encadrement. Concernant la formation, il y a la création et la mise en fonctionnement du Limbe Nautical Arts and Fisheries Institute (Linafi) dont la mission principale est d’assurer la formation des cadres supérieurs dans le domaine des métiers et des arts nautiques. Il y a la création de cinq centres de formation de jeunes pêcheurs à Bonamatoumbe (Littoral), Debunscha (Sud-Ouest), Maga (Extrême-Nord), Londji (Sud) et Bélabo (Est). Il faut également citer la création de six centres de formation des jeunes exploitants agropastoraux à Ebolowa, dans le Sud, à Lougguéré dans le Nord, Wakwa dans l’Adamaoua, Kumba dans le Sud-Ouest, ou encore Kounden dans l’Ouest et Ku-Bome. Je n’oublie pas les différents programmes et projets mis en place par le gouvernement avec l’appui des partenaires techniques financiers comme le programme d’appui à la rénovation et au développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et des pêches (AFOP), financé sur fonds C2D pour un montant de 3,2 milliards de F. Il y a également le programme d’Amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (Acefa), le Programme de promotion de l’entreprenariat agropastoral des jeunes (PEA–Jeunes), le Projet de promotion de l’entreprenariat aquacole et surtout le Projet de développement de l’élevage (Prodel). Et je peux vous dire qu’il y a de nombreux jeunes qui frappent à la porte pour s’investir et investir dans l’élevage.

De nombreux jeunes ont déjà été formés dans les différents centres de formation du pays et d’autres sont encore à l’école. Quelles sont les opportunités d’emploi qui s’offrent à eux ?

Que ce soit en amont du processus de production, en aval et au niveau du processus de production, les opportunités sont immenses et variées. Dans toutes les filières et tous les domaines (lait, bovin, viande, volailles, porcs, poissons, transformation, etc.) les jeunes n’ont que l’embarras du choix entre la collecte, la transformation, le conditionnement, le stockage, la conservation, le transport, la distribution, la commercialisation ou encore le marketing. Il y a la mise en place d’étables modèles modulables, l’achat, la vente et le convoyage d’animaux, l’importation de génisses et vaches laitières hautes productrices, la création de centres d’amélioration génétique secondaires, l’amélioration de la productivité des pâturages naturels par l’introduction d’espèces fourragères de qualité, la fourniture, la distribution et la maintenance d’équipements et de matériels de production. D’autres types d’investissements concernent la construction de bâtiments d’élevage, les prestations et le suivi d’exploitation: conseil technique, formation du personnel et services spécialisés, l’élevage des grands parentaux en ce qui concerne l’aviculture, la production des poussins d’un jour, la fabrique d’aliments pour les animaux, l’achat et la vente d’animaux, entre autres. Vous voyez bien que les opportunités sont très nombreuses. Les financements sont disponibles auprès des différents projets et programmes que j’ai cités plus haut.

Le Prodel est l’un des projets phares de votre ministère. Où en êtes-vous avec sa mise en œuvre ?

L’équipe mise en place pour conduire cet important projet initié avec la Banque mondiale travaille d’arrache-pied afin que tout se passe bien. De manière globale, les choses avancent dans le bon sens. Les formations des différents acteurs ont été organisées, des conventions, 15 au total, ont été signées avec les institutions bancaires et autres établissements de microfinance pour accompagner le Prodel. Le projet a été lancé de manière officielle à Yaoundé, dans les dix chefs-lieux de régions, dans les 58 départements pour sensibiliser tous les acteurs sur le Prodel qui a pour objectif d’accroitre la productivité et la commercialisation des systèmes d’élevages ciblés et augmenter la capacité de réponse immédiate et efficace en cas de crise ou d’urgence éligibles. La problématique actuelle est de faire du secteur rural et en particulier du sous-secteur de l’élevage, l’un des supports principaux du développement et de l’émergence du pays à l’horizon 2035. Il s’agira donc d’impulser une croissance interne forte dans le secteur, d’induire et de stimuler les effets multiplicateurs de l’économie globale. L’ossature du futur projet est bâtie autour de quatre composantes que sont : l’amélioration de l’offre de services à l’élevage , l’appui au pastoralisme et à la résilience des communautés pastorales , l’intensification des systèmes de production et développement des chaines de valeurs , la coordination, la gestion, la communication et le suivi-évaluation du projet Une vaste campagne de vaccination gratuite contre la peste des petits ruminants sera organisée dans ce cadre-là sur l’ensemble du territoire et c’est l’activité majeure du Prodel au cours de cette année. L’autre activité essentielle est l’importation de 260 vaches performantes pour booster la production laitière au Cameroun et réduire durablement les importations de produits laitiers.

Vous avez entrepris la construction d’abattoirs modernes dans certaines régions du pays. Comment envisagez-vous de rentabiliser ces investissements ?

En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du Planut décidé par le chef de l’Etat, le Minepia a élaboré entre autres, un programme qui porte sur l’industrialisation de la filière bovine via la construction des abattoirs et des entrepôts frigorifiques, l’acquisition des véhicules et camions frigorifiques pour le transport des produits carnés. Il s’agit en clair de moderniser l’appareil de production, d’industrialiser le secteur élevage, d’assurer la sécurité sanitaire des aliments et des denrées d’origine animale et donc de participer à la croissance économique et la création d’emplois au Cameroun. Le Planut, volet Minepia a porté sur six réalisations aujourd’hui achevées. A savoir : la construction, l’équipement, l’installation, la mise en marche d’une chaîne d’abattage industriel de 250 têtes par jour à Ngaoundéré (Wakwa), la construction, l’équipement, l’installation de quatre entrepôts frigorifiques de 1400 m3 à Ngaoundéré, de 3000 m3 à Kribi, de 6000 m3 à Yaoundé et de 1400 m3 à Ebolowa. Dans ce cadre-là, de nombreux jeunes cadres ont suivi une formation idoine pour la gestion de ces importantes infrastructures. Et bien sûr, tout cela se complète par la fourniture de quatre véhicules et cinq camions frigorifiques pour un coût global de 10, 9 milliards de F. Cet abattoir industriel et les entrepôts constituent à n’en point douter des outils de modernisation de l’élevage. L’objectif est de valoriser la chaîne des valeurs de la filière viande et de mettre à la disposition des consommateurs camerounais, des denrées alimentaires de très bonne qualité.

Source : www.cameroon-tribune.cm

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