Le bitcoin en dix questions indispensables

1. Qu’est-ce qu’un bitcoin ?

C’est évidemment la première question à laquelle il faut répondre si l’on veut comprendre quelque chose au phénomène.

Un bitcoin est une unité de compte destinée à servir de moyen d’échange, au même titre que le dollar ou l’euro. C’est une monnaie, à ceci près qu’elle n’est représentée par aucun support physique : pas de pièces, pas de billets, pas de chèques.

Cela peut certes faire sourciller : comment vérifier que ce que l’on reçoit sur un ordinateur ou un smartphone est un bitcoin, et pas autre chose ? Comment éviter les vols ? Ces questions ont des réponses, que nous abordons dans ce dossier. Gardez toutefois en tête que les monnaies fidu­ciaires elles-mêmes reposent en grande partie sur la confiance. En effet, qu’est-ce qui différencie un billet de 10 € d’une simple feuille de papier ? Si l’on vous payait avec un faux, seriez-vous capable de l’identifier ?

Le bitcoin présente une seconde particularité essentielle : il n’est soumis au contrôle d’aucun Etat ni d’aucune ­banque centrale. C’est une monnaie décentralisée, dont les règles de gestion ont été définies à l’avance, notamment sur le plan de la création de masse monétaire, et qui, en principe, gagne en sécurité et en stabilité à mesure que son nombre d’utilisateurs augmente. On l’appelle « cryptomonnaie » ou « cryptodevise » parce qu’elle utilise la cryptographie pour sécuriser ses transactions.

Il convient enfin de préciser que circulent plusieurs dizaines d’autres cryptodevises similaires au bitcoin, mais de renommée moindre. L’Ether, du protocole Ethereum, est souvent considéré comme la deuxième plus répandue.

2. Qui l’a créé, et pourquoi ?

Qui pourrait bien avoir envie d’offrir au monde un protocole d’échange décentralisé, autogéré, sans garder aucune forme de ­contrôle ni tirer aucun profit dudit protocole ? Est-ce un acte philanthropique ? révolutionnaire ? un coup monté pour empocher le pactole du siècle ?

La réponse est simple mais décevante : on ne sait pas. Tout ce que l’on connaît du créateur du bitcoin est un nom : Satoshi Nakamoto, une date de naissance (5 avril 1975) et une nationalité (japonaise). Ces données proviennent du profil qui a posté sur Internet le premier article décrivant le fonctionnement du bitcoin, en 2008. La première version du logiciel a été mise en ligne le 9 janvier 2009 par ce même profil.

Certains indices, comme les ­heures auxquelles Nakamoto envoyait des e-mails, ou l’absence totale de messages rédigés en japonais, suggèrent plutôt une localisation sur le continent américain. Plusieurs personnes ont été identifiées par certains médias, mais toutes ont nié être le père du bitcoin. Il n’est même pas certain que Satoshi Nakamoto désigne une seule personne.

Le bruit court qu’il(s) aurai(en)t conservé plus de 1 million de ­bitcoins depuis les tout premiers jours. Cela en ferait, s’il s’agit bien d’une seule personne, la 53e plus grosse fortune du monde, avec un patrimoine de 17 milliards de dollars. Ce fait reste toutefois entièrement invérifiable.

3. A quoi sert-il ?

Nous avons vu dans la ­première question qu’un bitcoin était une unité de compte. Son utilité est donc de représenter une valeur et de pouvoir être échangé contre des biens ou des services, au même titre que le dollar, l’euro, ou l’or avant eux. Puisqu’il n’existe pas de billets ni de pièces maté­rialisant le bitcoin et que tout passe par l’écriture de données au format numérique, avec Internet comme canal de ­communication, il devient très facile d’outrepasser certaines contraintes qu’impose l’argent au format physique. Transférer des bitcoins à l’autre bout du monde est tout aussi simple que d’en donner à quelqu’un qui se trouve en face de vous. Il n’est par ailleurs pas plus difficile de transférer 1 million de bitcoins que d’en transférer un seul.

La dématérialisation répond par ailleurs à certaines questions de sécurité. Personne ne peut s’introduire chez vous, prendre vos bitcoins et repartir, puisque (comme cela est expliqué dans la question 5) tout tient à une sorte de mot de passe, ce qui rejoint les avantages d’un compte bancaire en ligne, avec toutefois plus de simplicité pour les virements à l’étranger.

Surtout, l’absence d’organe de contrôle centrale devait permettre de libérer le bitcoin des ­risques systémiques, puisqu’on se protège de la faillite d’une banque, mais en réalité d’autres risques sont apparus (question 9).

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